Auteur: Justine Mérieau

                                                         L'Étrange don d'Anaïs C.

 

 

Format disponible et prix: papier (202 pages)    Prix: 30.59 $ can / 19 euros (frais de port inclus)

   

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Extrait de l'oeuvre:

Chapitre II

     Lorsqu’elle s’éveilla, cette fois pour de bon, Anaïs C. revenait de loin…

     Dans le vague, elle regardait droit devant elle, encore ensommeillée. Et, l’esprit totalement confus, ce qu’elle distinguait alors, avec une sorte de stupéfaction plus ou moins consciente, était le sol, qui s’arrêtait tout à coup, pour ne faire suite à rien d’autre, sinon au vide !... Sur ce sol, au bord de ce vide, de ce précipice, deux fauteuils, ainsi que deux tables roulantes laquées de couleur blanche, encombrées d’objets divers et de bouquets de fleurs… Comme prêts à y tomber ! Puis, plus loin, en bas, de très grands arbres dont elle pouvait voir le tronc énorme et surtout la cime à sa hauteur… À leur pied, des massifs de fleurs… Au-dessus du sol, le ciel, qui, avec le plafond, semblait retenir l’immense fenêtre de la chambre, dont elle pouvait voir les contours en aluminium flottant dans les airs ! Pas de murs, seulement du vide ! Aucun mur ne se dessinait au regard d’Anaïs, terrorisée…

     C’était irréel… Son rêve reprenait comme avant ! Comme avant quoi ?… se demanda-t-elle, éperdue. Mais aussitôt, elle se rappela tout, d’un bloc, sans vraiment réaliser pour autant où elle se trouvait…

     — Où suis-je ? cria-t-elle malgré elle.

     — Ah, bonjour ! Ainsi, vous voilà réveillée…  prononça une petite voix douce près d’elle.

     Tournant la tête du côté de la voix, Anaïs aperçut une adorable vieille dame aux incroyables yeux vifs et bleus, avec des cheveux blancs vaporeux, mousseux, auréolant un gracieux visage aux traits réguliers à peine ridés, qui devait avoir été fort beau autrefois.

     — Vous êtes ici à l’hôpital, où l’on vous a transportée… Êtes-vous là pour la même raison que moi ?… continua l’agréable vieille dame. J’ai voulu quitter ce monde auquel je ne tiens plus depuis le décès de mon cher époux. J’ai voulu une fois de plus aller le rejoindre, mais encore une fois, j’ai raté mon coup… Mais enfin, moi je suis vieille, ça se comprend… Ma vie est derrière moi. Quant à vous, vous êtes encore bien jeune… J’espère que vous n’avez pas fait cette bêtise ?

     Anaïs C. n’avait guère envie de parler. Néanmoins, elle se sentait instinctivement attirée par cette femme, dont il émanait une sorte de force tranquille, presque rassurante. Elle se confierait peut-être à elle par la suite, puisque toutes deux semblaient avoir quelques points communs, dont ce penchant au suicide… Mais pas maintenant. Elle éluda l’interrogation. Elle voulait d’abord s’assurer de quelque chose…

     — Dites-moi, madame, s’il vous plaît… que voyez-vous devant vous, là, sous vos yeux ?

     — Devant moi ?… répondit la dame, étonnée. Mais… le mur blanc, la grande fenêtre, et sous la fenêtre, contre le mur, deux fauteuils, ainsi que les deux tables roulantes qu’on nous apporte pour les repas… Pourquoi cette question ? Avez-vous quelques problèmes de vision ? poursuivit la bonne dame, compatissante et apparemment ennuyée.

     — Non, non ! Je vois simplement un peu trouble, je ne suis pas encore très bien réveillée… , s’empressa de répondre Anaïs, qui ne pouvait se résoudre, de peur qu’on la prît pour une folle, à avouer qu’elle voyait à travers les murs.

     Heureusement, à ce moment précis, une infirmière entra, lançant d’une voix enjouée :

     — Bonsoir, mesdames ! C’est l’heure de votre piqûre, madame de Lestrac ! Allez, on se retourne sans faire la grimace… Comme d’habitude, on ne sentira rien…

     À l’entrée de l’infirmière, Anaïs avait tourné la tête de son côté. Elle avait vu une porte s’ouvrir, qui semblait directement sortie du sol, parce que lui laissant apercevoir seulement un espace transparent au-dessus de celle-ci ; comme si elle n’était reliée à rien. De même que des deux côtés de la porte : uniquement de la transparence… Incrédule, elle se frotta les yeux avec effroi. Aussi incroyable qu’il paraisse, elle ne voyait plus que la porte…

     Mais toujours aucun mur ! Seulement du vide, rien que du vide !…

   

 

À propos de l'auteur:

Dans la mire: Justine Mérieau

Vous êtes invités à visiter le http://www.merieau.fr afin d'y découvrir les articles de presse se rapportant aux livres, ainsi que des témoignages de lecteurs! Voyez également mon blog au http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com qui contient d'autres extraits de mes livres. Enfin, on me retrouve aussi sur le site québécois www.qctop.com où je réponds aux questions des internautes dans le domaine de la littérature.

 

Jusqu'à présent, j'ai écrit les livres suivants :

La femme changée en chien, roman, 130 p. éd. Le Manuscrit 2001,

Délire de poèmes éclectiques, poésie, 106 p. éd. Le Manuscrit 2001,

Soleil brisé, recueil de nouvelles, 184 p. éd. du CoLibris 2003,

L’étrange don d’Anaïs C., roman, 202 p. éditions Osmondes 2006, 

Docteur Malard ou la fuite mystérieuse, roman, 140 p. éditions Bénévent 2006,

Comme un noir soleil, courts romans, conte, et autres nouvelles, 209 p. éditions Ixcéa 2006,

Berthe et Rebecca ou deux Nantaises des années 80, roman, 182 p. éd. Orphie 2008

Romans en cours : L’actrice (fiction ésotérique inspirée par l’affaire Trintignant-Quantat) et Tropicale story (fiction autobiographique).

 

 

 

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