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Auteur: Justine Mérieau
L'Étrange
don d'Anaïs C.
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Chapitre II
Lorsqu’elle s’éveilla, cette fois pour de bon, Anaïs C. revenait
de loin…
Dans
le vague, elle regardait droit devant elle, encore ensommeillée. Et,
l’esprit totalement confus, ce qu’elle distinguait alors, avec une
sorte de stupéfaction plus ou moins consciente, était le sol, qui
s’arrêtait tout à coup, pour ne faire suite à rien d’autre, sinon
au vide !... Sur ce sol, au bord de ce vide, de ce précipice, deux
fauteuils, ainsi que deux tables roulantes laquées de couleur blanche,
encombrées d’objets divers et de bouquets de fleurs… Comme prêts
à y tomber ! Puis, plus loin, en bas, de très grands arbres dont elle
pouvait voir le tronc énorme et surtout la cime à sa hauteur… À
leur pied, des massifs de fleurs… Au-dessus du sol, le ciel, qui, avec
le plafond, semblait retenir l’immense fenêtre de la chambre, dont
elle pouvait voir les contours en aluminium flottant dans les airs ! Pas
de murs, seulement du vide ! Aucun mur ne se dessinait au regard d’Anaïs,
terrorisée…
C’était
irréel… Son rêve reprenait comme avant ! Comme avant quoi ?… se
demanda-t-elle, éperdue. Mais aussitôt, elle se rappela tout, d’un
bloc, sans vraiment réaliser pour autant où elle se trouvait…
—
Où suis-je ? cria-t-elle malgré elle.
—
Ah, bonjour ! Ainsi, vous voilà réveillée…
prononça une petite voix douce près d’elle.
Tournant
la tête du côté de la voix, Anaïs aperçut une adorable vieille dame
aux incroyables yeux vifs et bleus, avec des cheveux blancs vaporeux,
mousseux, auréolant un gracieux visage aux traits réguliers à peine
ridés, qui devait avoir été fort beau autrefois.
—
Vous êtes ici à l’hôpital, où l’on vous a transportée… Êtes-vous
là pour la même raison que moi ?… continua l’agréable vieille
dame. J’ai voulu quitter ce monde auquel je ne tiens plus depuis le décès
de mon cher époux. J’ai voulu une fois de plus aller le rejoindre,
mais encore une fois, j’ai raté mon coup… Mais enfin, moi je suis
vieille, ça se comprend… Ma vie est derrière moi. Quant à vous,
vous êtes encore bien jeune… J’espère que vous n’avez pas fait
cette bêtise ?
Anaïs
C. n’avait guère envie de parler. Néanmoins, elle se sentait
instinctivement attirée par cette femme, dont il émanait une sorte de
force tranquille, presque rassurante. Elle se confierait peut-être à
elle par la suite, puisque toutes deux semblaient avoir quelques points
communs, dont ce penchant au suicide… Mais pas maintenant. Elle éluda
l’interrogation. Elle voulait d’abord s’assurer de quelque
chose…
—
Dites-moi, madame, s’il vous plaît… que voyez-vous devant vous, là,
sous vos yeux ?
—
Devant moi ?… répondit la dame, étonnée. Mais… le mur blanc, la
grande fenêtre, et sous la fenêtre, contre le mur, deux fauteuils,
ainsi que les deux tables roulantes qu’on nous apporte pour les
repas… Pourquoi cette question ? Avez-vous quelques problèmes de
vision ? poursuivit la bonne dame, compatissante et apparemment ennuyée.
—
Non, non ! Je vois simplement un peu trouble, je ne suis pas encore très
bien réveillée… , s’empressa de répondre Anaïs, qui ne pouvait
se résoudre, de peur qu’on la prît pour une folle, à avouer
qu’elle voyait à travers les murs.
Heureusement,
à ce moment précis, une infirmière entra, lançant d’une voix enjouée
:
—
Bonsoir, mesdames ! C’est l’heure de votre piqûre, madame de
Lestrac ! Allez, on se retourne sans faire la grimace… Comme
d’habitude, on ne sentira rien…
À
l’entrée de l’infirmière, Anaïs avait tourné la tête de son côté.
Elle avait vu une porte s’ouvrir, qui semblait directement sortie du
sol, parce que lui laissant apercevoir seulement un espace transparent
au-dessus de celle-ci ; comme si elle n’était reliée à rien.
De même que des deux côtés de la porte : uniquement de la
transparence… Incrédule, elle se frotta les yeux avec effroi. Aussi
incroyable qu’il paraisse, elle ne voyait plus que la porte…
Mais
toujours aucun mur ! Seulement du vide, rien que du vide !…
Dans la mire: Justine Mérieau
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de lecteurs! Voyez également mon blog
au http://wwwmerieau-ecrivain.blogspot.com
qui contient d'autres extraits de mes livres.
Jusqu'à
présent, j'ai écrit les livres suivants :
La
femme changée en chien, roman,
130 p. éd. Le Manuscrit 2001,
Délire
de poèmes éclectiques, poésie,
106 p. éd. Le Manuscrit 2001,
Soleil
brisé, recueil de nouvelles, 184
p. éd. du CoLibris 2003,
L’étrange don d’Anaïs C., roman, 202 p. éditions Osmondes 2006,
Docteur Malard ou la fuite mystérieuse, roman,
140 p. éditions Bénévent 2006,
Comme
un noir soleil, courts romans,
conte, et autres nouvelles, 209 p. éditions Ixcéa 2006,
Berthe
et Rebecca ou deux Nantaises des années 80,
roman, 182 p. éd. Orphie 2008
Romans
en cours : L’actrice (fiction
ésotérique inspirée par l’affaire Trintignant-Quantat) et Tropicale
story (fiction autobiographique).
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